Amour et autorité. quelques reperes pour une autorité bienveillante.

Il est parfois difficile en tant que parent de savoir quelle attitude adopter de manière à accompagner son enfant au mieux dans la vie.

Certains parents, pensant bien faire, ne posent pas ou peu de limites à leur enfant, parfois par peur de ne plus être aimés de lui. « Je ne t’aime plus, t’es plus mon papa ! »

D’autres mettent en place une discipline plutôt rigide « pour le bien-être de leur enfant » au risque de devenir maltraitant.

D’autres encore tentent de mettre en place une forme d’autorité, mais un peu tard, et se retrouvent en difficulté, voire complètement dépassés dans une relation parent / enfant complexe. L’enfant ne comprenant pas pourquoi les règles ont soudain changé.


la place de l’autorite dans la construction de l’enfant

Pour bien grandir, l’être humain a besoin de se construire avec des limites. Celles-ci sont à penser du côté de ce qui vient dé-limiter, border, contenir et sur lesquelles l’individu va pouvoir s’appuyer. En d’autres termes, elles vont être pour lui de véritables repères dans la vie.

Les limites permettent à l’enfant, puis l’adulte qu’il deviendra, de se sentir en sécurité. Il sera alors capable de penser, de comprendre et de respecter ses propres limites ainsi que celles des autres, tout en sachant qu’il est aimé.


une autorite bienveillante qui s’appuie sur les valeurs de respect, communication et cohérence

Ainsi, une autorité bienveillante reposera sur les valeurs suivantes ; respect, communication et cohérence.

Le respect, en ce sens que l’image que va renvoyer le parent à l’enfant doit être celle attendue par l’adulte. En effet, si l’adulte attend du respect de la part de l’enfant, il se doit d’en montrer l’exemple.

La communication, parce que là où il est difficile d’interagir c’est lorsqu’il n’y a plus de communication possible, ou lorsqu’il n’y a plus désir de communiquer. En effet, faire preuve d’autorité bienveillante c’est avant tout de favoriser la communication avec son enfant. Parfois, l’accompagnement par un tiers extérieur s’avère nécessaire pour renouer le dialogue.

Enfin, l’adulte doit faire preuve de cohérence s’il souhaite être entendu et respecté par son enfant. La cohérence dans le contenu, la cohérence du côté du faire et la cohérence dans le sens apporté à sa demande.

Ainsi, le respect de ces valeurs rendra possible le fait d’être un parent autoritaire et bienveillant.


comment sortir du mecanisme punition / récompense

Il est tout d’abord important de distinguer ce qu’est une punition de ce qu’est une sanction.

La punition ne demande pas grande réflexion de la part du parent, en ce sens qu’elle est souvent à l’origine d’une impulsion, du fait d’un sentiment de colère ou de déception du parent, et vise à infliger à l’enfant un « châtiment » en compensation d’une faute. Le parent prive alors, bien souvent,  son enfant de ce qu’il aime le plus, ou lui inflige une tâche ingrate, espérant ainsi qu’il sera dorénavant plus obéissant. Ce qui à priori ne fonctionne pas ou seulement sur le court terme.

En effet; la punition n’est pas en lien avec la « faute » commise et n’incite donc pas à la réparation. L’enfant éprouve une profonde colère et incompréhension en l’absence de cohérence, ainsi qu’un sentiment d’injustice.

Le mécanisme de « récompense » suit la même logique. Le parent vient donner à l’enfant un « objet  » aimé par ce dernier en remerciement ou reconnaissance d’un mérite particulier, parfois à venir. Dans ce cas, l’adulte émet une condition afin que l’enfant bénéficie de ladite récompense.

La question est quel est le message que l’adulte souhaite faire passer à son enfant ?


etre autoritaire : une question de maturité et non de pouvoir

Faire preuve d’autorité est l’un des rôles du parent dans la construction, dans le « bien » grandir de son enfant. Cela doit avoir du sens et être motivé par le désir d’un accompagnement en qualité de son enfant dans la vie.

L’autorité peut donner à l’adulte un sentiment de pouvoir. Il sera important de rester vigilant, concernant le parent, sur de possibles loyautés familiales non résolues (faire comme son propre parent), un manque de confiance en soi, le soucis de se faire respecter quel qu’en soit le prix, ou encore coller à l’image d’un parent idéal.

Au contraire, l’autorité doit venir montrer à l’enfant la maturité de l’adulte. Un parent qui fait preuve d’autorité doit se demander si sa parole ou son acte est juste (ajusté) pour son enfant. Il est important qu’il puisse s’interroger sur le message qu’il souhaite faire passer à son enfant. Ce dernier, en tant qu’adulte en devenir, a besoin d’être guidé, accompagné, soutenu et valorisé. Il en va de son désir de s’identifier à cet adulte.

Etre adulte, n’est-ce pas aussi être en capacité de reconnaître ses erreurs ?

Savoir exprimer à son enfant que l’on s’est trompé ou que nos paroles / actes n’étaient pas ajusté(e)s est aussi une façon de faire preuve d’une grande maturité. L’enfant saura prendre lui aussi ce chemin vers l’humilité.

En combinant amour et autorité, l’adulte contribue au développement de l’enfant, tant au niveau de sa confiance en lui, qu’en celle des autres et à sa capacité à faire des choix responsables.


l’autorité, un acte d’amour

C’est pourquoi, il sera important de penser la sanction plutôt que le punition, un acte visant quelque chose de constructif. Ainsi, l’adulte viendra penser avec l’enfant ce qu’il est possible de mettre en place de manière à venir réparer l’erreur commise. De même, l’adulte peut venir demander à l’enfant ce qu’il a compris de la limite posée par le parent. Ce qui a motivé son refus.

Il est important que l’enfant se sente concerné, impliqué, dans le choix de la sanction. Ainsi, il sera acteur d’un possible et non plus dans l’attente d’un « verdict ». Ce qui le sortira d’une forme de passivité. La suite à donner à l’évènement « malheureux », c’est lui qui va l’écrire en réparation, avec le parent.

Alors, le message transmis par l’adulte sera le suivant : « l’erreur est humaine, et je suis en capacité d’y faire face, de trouver mes propres solutions avec l’aide d’un autre. »

Il est donc possible de faire preuve d’autorité dans la bienveillance. Tout comme il est possible de venir réparer ce qui a été abîmé. Le « devenir » parent cela s’apprend. A Saint Quentin la Poterie, Sandrine Sà, Psychanalyste et Psychopraticienne, vous accompagne dans cette transformation : comprendre les enjeux inconscients à l’oeuvre pour aller vers une relation parent / enfant des plus apaisée.

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